Morrigan, la Grande Reine de l’Ombre

Je vous parle rarement de divinités par ici mais la raison en est simple : tant qu’elle ne s’est pas dévoilée à mes yeux, tant qu’elle ne m’a pas murmuré son nom, je ne peux pas en parler. La déesse que je vais vous présenter, m’honore de sa présence et me baigne de sa magie depuis de nombreuses années maintenant. Néanmoins, je n’ai découvert son identité qu’il y a très peu, comme si je devais accomplir un certain chemin personnel avant de pouvoir l’accueillir pleinement. Cette divinité n’est autre que la déesse celte Morrigan. Morrigan fait partie du panthéon celtique irlandais des Tuatha Dé Danann, de même qu’Airmed dont je vous avais parlé précédemment. C’est la divinité féminine primordiale, après Dana bien sûr. Morrigan est l’épouse du Dieu-Druide Dagda, avec lequel elle s’est unie durant la nuit de Samhain. Les unions sacrées se célèbrent de coutume lors de Beltane, mais Morrigan étant la déesse sombre par excellence, son union eut lieu lors de Samhain, le sabbat qui lui est associé.

NB : ici, des termes comme « Sombre », « Ténèbres », « Brutalité » ou se référant à la mort ne sont pas à interpréter négativement. Toute l’ambiguité de cette déesse repose là-dessus. L’ombre n’est en rien synonyme de mal, de même que la mort n’est pas une fin en soi.

« Il en est qui trouvent le réconfort dans les Ombres,
Qui tâchent de comprendre leurs Mystères,
Qui trouvent leur joie dans le Silence d’une Nuit d’Hiver,
Et dont les chants sont entonnés à mi-voix pour la Vieille.
Nous sommes les Païens de l’Ombre, enfants de la Sombre Mère. »

Morrigan, déesse de la Magie et des Ténèbres

Dans l’esprit collectif, on représente souvent Morrigan comme une femme mauvaise, orgueilleuse, jalouse et qui n’a de cesse de se venger. À mon sens, tout ceci est totalement faux. Bien entendu, Morrigan est la Déesse de l’Ombre, elle ne connaît pas la demi-mesure et est d’une franchise dévastatrice, représentant la Vérité brut. Mais c’est une divinité incroyablement complexe et riche qui est bien plus qu’une déesse noire ou meurtrière. Morrigan est connue pour arborer de nombreux visages, mais elle apparaît souvent sous les traits d’une jeune femme aux longs cheveux noirs, au regard profond et entourée d’une aura de beauté mystérieuse. Sous sa forme animale, Morrigan prend l’apparence d’une corneille ou bien d’un corbeau. Elle règne sur les ténèbres, maîtresse des prophéties, gardienne de l’Autre Monde. Elle est la déesse de la magie, de la divination, de la guerre, de la souveraineté.

Dans l’enseignement druidique, une des étapes les plus importantes consiste à se connaître soi-même jusque dans ses profondeurs, à embrasser sa part d’ombre autant que sa lumière. Morrigan apparaît alors à tout druide en devenir et le mène sur le sentier de ses ténèbres, le temps d’une longue introspection. De ce long voyage, le sujet en ressort transformé, laissant mourir une part de lui, en renaître une autre. Morrigan dispense l’enseignement primordial des druides : le cycle naturel de la vie, la mort, la renaissance, auquel nous sommes tous confrontés. Mais si Morrigan est célèbre, c’est avant tout pour sa présence sur les champs de bataille. Elle est connue pour déambuler, sans craintes, lors des batailles. En tant que déesse de la souveraineté, elle observe et juge la légitimité de chacun avant de prendre position. En tant qu’adversaire, Morrigan est des plus redoutables, un seul de ses cris pouvant abattre des centaines d’hommes. Elle possède également le pouvoir d’inspirer la peur ou le désespoir à ses adversaires, le courage et la force à ses alliés. En tant que prophétesse, elle prédit l’issue des batailles et agit afin que les choses se réalisent selon ses desseins. Morrigan est également la gardienne du Sidh, de l’Autre Monde et ceci couplé à ses nombreux dons de sorcière, cela lui permet de posséder un grand pouvoir sur le Destin. Ainsi, Morrigan se retrouve au coeur de nombreux présages : la présence d’une corneille sur le rebord de la fenêtre est un présage de la messagère de la Mort, de même que la vision d’une jeune femme lavant un linge ensanglanté près d’une rivière. D’autre part, une corneille ou bien un corbeau reposant sur une branche d’aubépine annonce une porte vers l’Autre Monde, un lieu où le Voile est des plus fins. Agissant dans l’ombre, Morrigan est l’allégorie parfaite du Destin lui-même.

La déesse Morrigan revêt également un autre visage, un visage que nous connaissons tous et qui permet de mieux comprendre son ambivalence. Ce visage, c’est celui de Morgane, prêtresse d’Avalon, fée de Bretagne. En effet, toutes deux sont les ténèbres nécessaires à notre monde.

Mon expérience avec Morrigan

Il est vraiment très dur pour moi de trouver les bons mots pour vous parler de Morrigan. C’est une déesse sombre mais tellement bénéfique. Évoluer avec elle n’a rien de morbide, de triste, de mal. Au contraire, je n’ai jamais été aussi épanouie que depuis que j’ai entendu son appel. Pour ma part, elle a énormément influencé ma vie et je lui dois ma brutalité, mon indépendance, ma franchise, ma détermination, ma force. J’ai commencé à sentir sa présence lors d’une période difficile de ma vie, à un carrefour où je devais choisir entre me ressaisir ou bien sombrer. Fidèle à elle-même, elle ne m’a pas apporté de réconfort mais m’a donné le choc dont j’avais besoin pour me remettre d’aplombs. Alors que certaines personnes essaient de vous aider en endiguant votre tristesse ou votre colère, Morrigan vous poussera à la laisser exploser pour en puiser force et sagesse. Elle vous sommera de vous affirmer pleinement, de vous connaître jusque dans vos ténèbres, d’afficher votre Vérité, votre être autant ombre que lumière, à faire ce qui est nécessaire, sans prendre de pincettes. On en ressort transformé, car tous les obstacles que ce soit des peurs, des échecs, des sentiments, deviennent une source de puissance pour s’accomplir. Certains redoutent plus que tout l’ombre et la solitude, pour ma part je me nourris de leurs savoirs et me complais dans leur étreinte.

Chant de la Grande Reine

« Écoutez les paroles de la Sombre Déesse, qui nous apporte la Sagesse et la Puissance,
Écoutez-moi, enfants de la Déesse, et regardez-moi telle que je suis, nue et sans voile.
J’ai été avec vous depuis le début, et je vous accompagnerais jusqu’à ce que vous me reveniez.

Je suis l’Amante passionnée, la Séductrice écarlate qui inspire les chants d’amour et de désespoir des poètes.
Je suis celle qui murmure vos noms à la fin du voyage.
Quand le jour se meurt, vous trouvez le repos dans mon étreinte bénie.

Je suis la matrice féconde d’où toutes choses proviennent.
Ainsi toutes choses doivent me revenir, se dépouiller des vanités de la vie, mourir, et renaître dans le Grand Tout.
Je suis la Sorcière, farouche et libre, la Tisseuse du temps, la Maîtresse des Mystères.

Je coupe le fil de vos vies, afin que vous me reveniez.
Je tranche la gorge des impies et bois le sang des lâches.
Ingérez votre peur et venez à moi, ainsi vous découvrirez la véritable beauté, la force et le courage. »

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